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Les URPS saisissent le CNP-CD : le bruit au cabinet dentaire devient un enjeu national

7 avril 2026·4 min de lecture
Vue en plongée d'une table de réunion institutionnelle avec des documents professionnels ouverts, des stylos et un réducteur de sons sur mesure posé au centre, éclairage sobre et neutre

Introduction

Le 12 mars 2026, Journée Nationale de l'Audition, deux Unions Régionales des Professionnels de Santé ont franchi un cap significatif : les URPS Chirurgiens-Dentistes Libéraux de Bretagne et de Nouvelle-Aquitaine ont adressé une saisine officielle au Conseil National Professionnel des Chirurgiens-Dentistes (CNP-CD), demandant l'ouverture d'un travail structuré à l'échelle nationale sur l'exposition sonore en cabinet dentaire. C'est la première fois qu'une démarche de ce niveau est engagée sur ce sujet spécifique. Ce que cette initiative représente — et ce qu'elle pourrait changer concrètement pour les praticiens — mérite d'être compris.

I. Qui sont les acteurs de cette démarche et que demandent-ils ?

Les URPS sont les instances régionales représentatives des professionnels de santé libéraux. Leur rôle est d'observer les conditions d'exercice, d'alerter les instances compétentes et de porter les préoccupations terrain au niveau national. En saisissant le CNP-CD — l'organe fédérateur qui regroupe syndicats, sociétés savantes et représentants de l'ensemble de la profession, et qui joue un rôle d'interface officiel avec les pouvoirs publics — les URPS de Bretagne et de Nouvelle-Aquitaine donnent à la question du bruit une dimension institutionnelle inédite. Concrètement, elles demandent au CNP-CD d'analyser les données scientifiques disponibles sur l'exposition sonore en cabinet, d'objectiver les niveaux d'exposition spécifiques à la pratique dentaire, et de formuler des recommandations nationales de prévention. Elles sollicitent également l'ouverture d'un dialogue avec l'INRS, l'Assurance Maladie — Risques Professionnels et les ministères compétents, notamment sur la question de la reconnaissance du risque au titre du tableau n°42 des maladies professionnelles.

II. Pourquoi cette saisine marque un tournant

Jusqu'à présent, la question de l'exposition sonore des chirurgiens-dentistes était documentée par des études scientifiques et relayée par quelques voix syndicales isolées. La démarche des deux URPS change de registre : elle inscrit formellement ce sujet dans l'agenda institutionnel de la profession, avec une demande explicite de recommandations nationales. C'est une étape importante, car les recommandations issues du CNP-CD ont vocation à guider les pratiques professionnelles, à alimenter les orientations du Développement Professionnel Continu (DPC) et à constituer une base de référence pour les discussions avec les autorités de santé. Pour les praticiens, cela signifie que la prévention auditive pourrait prochainement intégrer les référentiels de bonnes pratiques de la profession — au même titre que la radioprotection ou l'hygiène et l'asepsie — et non plus rester un sujet de vigilance individuelle laissé à la discrétion de chaque cabinet.

III. Ce que les praticiens peuvent faire dès aujourd'hui

L'aboutissement d'une démarche institutionnelle prend du temps. Entre la saisine du CNP-CD, les travaux d'analyse, la concertation avec les instances nationales et la publication éventuelle de recommandations, plusieurs mois — voire davantage — peuvent s'écouler. Dans cet intervalle, les données disponibles permettent déjà d'agir de façon éclairée. Les mesures réalisées en cabinet situent l'exposition quotidienne moyenne autour de 80 dB(A) sur une journée de huit heures, seuil à partir duquel la mise à disposition de protections auditives est déjà prévue par le Code du travail. Se rapprocher de son Service de Prévention et de Santé au Travail pour évaluer les niveaux sonores de son cabinet, planifier un audiogramme de référence et adopter une protection auditive sur mesure adaptée aux fréquences des instruments dentaires sont des démarches accessibles immédiatement, indépendamment de l'évolution du cadre institutionnel.

Conclusion

La saisine du CNP-CD par les URPS de Bretagne et de Nouvelle-Aquitaine est un signal fort : la profession prend acte, collectivement, que l'exposition au bruit en cabinet dentaire est un risque professionnel qui mérite une réponse structurée. Chez Elsound, nous suivons de près cette évolution et accompagnons d'ores et déjà les chirurgiens-dentistes qui souhaitent agir sans attendre.

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Références

  • URPS Chirurgiens-Dentistes Libéraux de Bretagne et de Nouvelle-Aquitaine — Communiqué de saisine du CNP-CD sur l'exposition sonore au cabinet dentaire (12 mars 2026) — urps-chirurgiensdentistes-na.fr
  • Dentaire365 — Risque auditif au cabinet dentaire : les URPS saisissent le CNP-CDdentaire365.fr
  • CNP-CD — Missions et statuts — cnp-cd.org
  • Code du travail — Article L. 4121-2 & Décret n° 2006-892 du 19 juillet 2006 — legifrance.gouv.fr
  • INRS — Bruit au travail : un enjeu de santé publique (Journée Nationale de l'Audition, mars 2026) — inrs.fr
  • Union Dentaire — Bruits au cabinet dentaire : une urgence sanitaire (12 mars 2026) — union-dentaire.com